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10月8日 Langue autocthone du Québec(suite)Les préfixes pronominaux En mohawk, le verbe renferme toujours un pronom faisant référence aux principaux actants, soit ses agents ou ses patients (ou les deux à la fois). Dans le verbe « je fume » (ci-dessus), le pronom « je » est représenté par le préfixe k-. Le système pronominal mohawk est particulièrement riche. Comme dans bien d'autres langues, il y a des formes différentes pour la première personne (« je »), la deuxième (« tu »), le masculin (« il »), le féminin (« elle ») et le neutre (« il ») de la troisième personne.
Pour désigner des personnes sans en préciser le sexe, le mohawk utilise le féminin indéfini, c'est-à-dire « elle-on ». Le ka- désigne non seulement les animaux ou les objets mais parfois aussi — dans des circonstances particulières — les femmes. Le nombre s'exprime par l'opposition entre le singulier (qui désigne une seule personne), le duel (qui désigne deux personnes) et le pluriel (trois ou plus de trois personnes).
Le locuteur, lorsqu'il parle d'un groupe dans lequel il s'inclut, précise si l'auditeur est lui aussi inclus.
Le système pronominal permet d'autres distinctions encore. La liste ci-dessous illustre deux façons différentes dont le même pronom — il — peut s'exprimer, soit par le préfixe ra (verbes de la colonne de gauche), soit par le préfixe ro (colonne de droite).
Dans les verbes de la colonne de gauche, le préfixe renvoie à l'agent : l'actant qui a la maîtrise d'une action volontaire. Dans la colonne de droite, le préfixe renvoie au patient involontaire. La distinction entre les deux est particulièrement nette dans les exemples qui suivent.
Lorsque l'action met en cause à la fois un agent et un patient (être humain), tous deux sont représentés ensemble par un préfixe pronominal transitif.
Le pronom réfléchi s'emploie lorsque l'agent et le patient se confondent en une même personne.
Comme on peut l'imaginer, l'ensemble des préfixes pronominaux — système qui distingue trois personnes, trois genres, trois nombres et deux cas — compte un nombre imposant d'éléments : plus de 60 en tout.
Autres préfixes verbaux Le verbe en mohawk peut contenir d'autres préfixes aux fonctions des plus diverses : certains, par exemple, servent à indiquer si l'action est orientée vers le locuteur ou dans le sens opposé.
Un autre marque la répétition de l'action ou le retour à un état antérieur.
Un autre suffixe renforce le sens du mot qui exprime l'action.
Un autre encore, utilisé conjointement avec une particule, marque la négation.
Les suffixes verbaux Les préfixes ne représentent qu'une partie des éléments qui confèrent au verbe sa complexité. Une large gamme de suffixes peuvent aussi être accolés aux racines verbales. Mentionnons, entre autres, le suffixe réversif, qui, lorsqu'il est placé après la racine du verbe, forme un dérivé exprimant le sens contraire.
D'autres expriment le causatif.
Le suffixe instrumental permet de préciser le moyen par lequel s'accomplit le procès.
Le suffixe bénéfactif indique que l'action est exercée au profit d'une autre personne.
Le suffixe distributif indique que l'activité est exercée à divers endroits ou à divers moments, ou qu'elle est orientée vers divers objets, etc.
Ce ne sont là que quelques exemples des préfixes et suffixes verbaux qui existent en mohawk. Le verbe peut d'ailleurs acquérir un caractère complexe par un autre moyen.
L'incorporation d'un nom dans un verbe Un radical nominal peut être accolé à la racine d'un verbe. Dans l'exemple qui suit, le verbe renferme le radical nominal -ahi- « fruit ».
Le radical nominal a normalement pour effet de restreindre le sens du verbe en précisant le genre de patient auquel il s'applique. Il arrive — cela est d'ailleurs courant — qu'un même verbe renferme à la fois plusieurs préfixes et suffixes et qu'en outre un nom y soit incorporé.
En mohawk, un seul mot suffit souvent pour exprimer ce qui, en français, correspondrait à une phrase complète. On peut se demander si un énoncé tel celui que nous venons de citer constitue effectivement (sans la particule iah) un seul mot. Divers facteurs permettent de conclure que l'on est en présence d'un mot unique. Premièrement, le locuteur sait reconnaître le mot unique, le cas échéant. Deuxièmement, aucun des éléments constitutifs d'un mot — racine, préfixe ou suffixe — ne serait reconnaissable isolément. Troisièmement, aucun mot, en mohawk, ne renferme plus d'une syllabe accentuée. (Certaines particules ne sont pas accentuées.) Fait à noter, le long énoncé cité ci-dessus ne comporte qu'une seule syllabe accentuée, à:t.
La fonction du verbe Le lecteur comprendra pourquoi les verbes sont beaucoup plus fréquents en mohawk que dans bien d'autres langues. La majorité des énoncés sont constitués principalement de verbes, parmi lesquels s'intercalent des particules et quelques noms. Cela s'explique en partie, bien sûr, par le fait que le verbe renferme déjà une bonne partie de l'information qui, dans d'autres langues, serait transmise au moyen de noms, d'adjectifs ou d'adverbes distincts. Mais cela est aussi attribuable au fait qu'en mohawk, le verbe remplit des fonctions syntaxiques très variées. En mohawk, comme dans la majorité des langues, le verbe peut jouer le rôle de prédicat. Le mohawk a cependant pour particularité d'utiliser aussi le verbe pour nommer les personnes et les objets, lui attribuant ainsi un rôle que d'autres langues réservent au nom.
Grâce à la riche structure de ses verbes, le mohawk a pu créer des mots nouveaux au fur et à mesure que le besoin s'en est fait sentir. Ainsi, lorsqu'il s'est agi de donner un nom aux divers outils apportés par les Européens, le locuteur du mohawk n'a pas eu à recourir à l'emprunt. En résumé, étant donné qu'il renferme des pronoms, le verbe, en mohawk, peut constituer à lui seul une phrase complète. Chacun des verbes cités dans la partie précédente de cet exposé pourrait former une phrase tout à fait grammaticale.
La chaîne parlée en mohawk La façon dont les éléments d'information sont rassemblés pour former l'énoncé, en mohawk, est tout à fait différente de ce qu'elle est, par exemple, en français. Porteur d'une plus grande quantité d'information en mohawk, le verbe y est par conséquent plus fréquent qu'en français. L'effet de ce mode d'organisation du message est bien illustré dans le bref passage qui suit, extrait de la première page d'un conte dont l'auteur est Rita Phillips, de Kahnawake.
Si bref soit-il, ce passage illustre plusieurs différences entre la façon dont le mohawk, comparativement aux langues européennes, présente l'information. On notera, à la première ligne de chaque paragraphe, l'emploi de la particule ia:ken « on dit ». C'est le moyen par lequel le locuteur fait, systématiquement, la distinction entre l'information qu'il a acquise par sa propre expérience et celle que d'autres lui ont transmise. La profusion des verbes — caractéristique du mohawk — est évidente même au début du récit. Une bonne partie de l'information qui, en français, serait exprimée par des noms, est transmise, en mohawk, par des verbes. Il est rare que le locuteur du mohawk parle tout simplement d'une maison sans préciser qu'elle se dresse. Pour désigner un couple, il utilise l'expression verbale « mariés l'un à l'autre », et pour désigner la vieille femme, il emploie le verbe « être vieux ». Plutôt que de dire que le couple est allé à l'église, le locuteur dit qu'il est allé prier. Il convient aussi de noter l'ordre des mots dans la phrase. À la ligne (6), le prédicat « est sorti » précède le sujet, « le couple ». À la ligne (8), en revanche, le sujet « la vieille femme » précède le prédicat « a veillé ». De prime abord, l'ordre des mots en mohawk peut sembler plutôt variable. Alors que, dans bon nombre de langues européennes, les mots sont placés principalement selon leur fonction syntaxique — sujet, prédicat, objet direct, etc. —, il en est autrement en mohawk où, du fait que les rapports grammaticaux sont déjà représentés par des éléments pronominaux placés à l'intérieur du verbe, l'ordre des mots peut servir à d'autres fins, à caractère stylistique. En effet, l'ordre dans lequel les mots apparaissent dans l'énoncé, en mohawk, dépend de leur importance. Les mots porteurs des informations revêtant le plus d'intérêt sont placés au début de la proposition; suivent les mots transmettant des informations à caractère plus prévisible, ou d'une importance moindre. Dans l'exemple, on constate qu'à la ligne (6) l'information la plus importante concerne le départ, tandis qu'à la ligne (8) l'auteur fait voir le contraste entre la vieille femme, qui est restée à la maison, et le couple, qui est sorti.
ConclusionLe mohawk se différencie à bien des égards des langues européennes les mieux connues. Il réalise en effet bien des distinctions que n'admettent pas ces autres langues. Ainsi, le locuteur du mohawk précisera souvent la source de son information; il indiquera la direction d'un mouvement, le degré d'efficience ou de volition que comporte une action; il opposera la dualité à la pluralité, et ainsi de suite. Le mohawk possède une façon particulière de rassembler les éléments d'information pour constituer des mots, d'agencer les mots pour former des phrases. À la richesse de ses moyens d'expression — richesse attribuable à sa structure polysynthétique, et qui favorise une activité langagière créatrice —, le mohawk allie un vaste éventail de techniques stylistiques. Les locuteurs du mohawk sont depuis longtemps reconnus pour leur éloquence, qualité qui ne manqua d'ailleurs pas d'impressionner les premiers Européens venus en Amérique — à preuve les observations que ceux-ci prirent soin de consigner. Cette tradition est toujours vivante chez les Mohawks, leur virtuosité linguistique se manifestant dans une multitude de contextes, depuis le discours cérémoniel jusqu'à la réplique bien envoyée, en passant par le récit et l'anecdote racontés avec art.
11:1 Priére pour deux papooses
Poésies amérindiennesPAROLES DE SIOUX Dans la paix de ma fumée CHANT SIOUX
Devenir Sioux
J'ai été ...
J'ai été la plaine et la montagne L'étendue sans fin de plusieurs horizons Et l'altitude infinie d'un regard très haut J'ai été la chaleur Enveloppant de part en part ceux qui marchent Dans un espoir J'ai été l'heure du Zénith L'ombre minuscule du temps qui passe Et qui repasse immobile Et dans un creux de roche J'ai été l'écho d'un chant très peu connu Et réservé à l'ensemble des solitaires Mais aujourd'hui un vent nouveau néglige ma présence En soufflant quelque chose de doux Alors je prends la forme d'un chemin mort Et m'y cache pour toujours
L'indienne solitaire
Revivance
Kwaswa
La légende du huartLa Légende du huart
On dit que chaque lac du Québec a son huart. Le huart à collier, ou plongeon imbrin, est un oiseau marin qui porte un collier de plumes blanches sur sa robe noire. Il a un chant très caractéristique. Cette légende amérindienne nous raconte d’où vient ce collier. C’est cet oiseau qu’on trouve sur la pièce de un dollar, qu’on appelle ainsi communément un huart.
Les forêts québécoises abritent une multitude de lacs. Au bord d’un de ces lacs vivait autrefois une tribu amérindienne. Le chef Onas habitait la plus grande loge avec sa femme Niska et son fils Napiwa. La forêt donnait du gibier en abondance, le lac des poissons en quantité, et le maïs cultivé de quoi nourrir tout le monde à satiété. Chacun accomplissait les tâches dictées par la tradition : la vie se déroulait paisiblement au rythme des saisons. Mais une croyance respectée par tous semait l’angoisse parmi les membres de la tribu, grands et petits. Cette croyance voulait que le dieu huart règne en maître sur la nuit. À la tombée du jour, lorsque son chant parvenait aux oreilles des hommes, c’était le signe que personne ne devait sortir de sa loge ou de son abri de trappe. Le grand huart punirait sévèrement celui qui braverait ses lois car la nuit était son royaume exclusif. Le sorcier de la tribu entretenait cette crainte en parlant de punitions terribles : - Si l’un de vous ose sortir, il sera emporté dans le royaume de la nuit et jamais plus il ne reverra les siens, répétait-il à tout moment. Ainsi quand, à la brunante*, on sentait descendre l’obscurité, chacun attendait le chant du huart en achevant ses tâches. Aussitôt que le chant mélodieux se faisait entendre, on s’empressait de ranger les canots au sec et tous se réfugiaient à l’intérieur des loges. Personne n’avait jamais osé sortir et regarder la nuit en face. Or Onas avait un fils à qui il enseignait avec fierté tout ce qu’il faut savoir pour devenir un grand chasseur et, plus tard, un chef sage et courageux. Sa femme Niska aimait beaucoup son fils. Elle passait ses journées à le regarder grandir et à lui broder de beaux mocassins et d’amples tuniques de peau. Napiwa avait quinze ans et il avait déjà fait ses preuves comme chasseur et comme guerrier. Tous vantaient sa valeur et son endurance. Depuis quelque temps Napiwa s’était mis à réfléchir. Il était terriblement agacé de voir sa tribu accorder foi aveuglément à cette croyance à propos du dieu huart et de la nuit. Il refusait d’y croire. Il interrogeait les anciens, il essayait de discuter, de comprendre ; mais tout le monde prenait peur quand il abordait le sujet. Alors, un jour, n’y tenant plus, il dit tout haut ce qu’il pensait : - Je ne crois pas ce que nous enseigne le sorcier à propos du grand huart ! - Comment ? s’écria son père, tu oses contredire le sorcier ? Malheur à toi mon fils. Que le grand huart ne t’entende pas ! Napiwa n’osa pas répondre à son père. Mais pour lui tout seul il pensa : « Cette nuit je sortirai voir la lune et les étoiles que je ne connais pas. Au diable le huart. » Lorsque tout le monde fut endormi, Napiwa se leva sans bruit et sortit de la loge. Le cœur battant, il regarda la lune et admira les étoiles. Il prit un canot et un aviron et s’enfuit sur le lac. Au matin, un des chasseurs courut avertir le chef qu’il manquait un canot. Onas se leva. - Quelqu’un a-t-il quitté le village ? demanda-t-il. - Je ne sais pas, répondit le chasseur. Alertée par le bruit des voix, Niska se retourna vers le lit de branches de sapin où dormait Napiwa. Il était vide ! Avant même de regarder, elle avait su dans son cœur que Napiwa était allé braver le huart. Elle n’osa rien dire. Mais quand Onas constata l’absence de son fils, il se fâcha. - À cette heure-ci, il doit être déjà mort. Le sorcier va préparer la cérémonie des morts, dit-il sans manifester d ‘émotion. Le sorcier se retira dans sa loge pour faire ses préparatifs et invoquer les esprits. - L’offense est grave, dit-il. Il faudra soigner les offrandes aux dieux pour réparer la faute de Napiwa. Mais Niska refusa d’accepter si vite la mort de son fils chéri. - Le huart l’a peut-être épargné. Pourquoi ne pas envoyer quelqu’un le chercher ? - Où chercher ? Au royaume de la nuit ? répondit Onas irrité de son audace. - Sur le lac, dit Niska. Mais elle voyait bien que ni les chasseurs, ni le sorcier, ni son mari ne conservaient l’espoir de retrouver Napiwa. Leur crainte du grand huart était telle qu’ils ne pouvaient que s’incliner devant sa puissance. Tandis que pour elle, sa tendresse pour son fils l’emportait sur tous les autres sentiments. Bien sûr elle aussi craignait et respectait le dieu huart et la puissance des manitous. Mais son cœur de mère refusait d’accepter la fatalité et la perte de son fils. - Quand le soleil sera droit sur nos têtes, si Napiwa n’est pas de retour, j’enverrai un canot à sa recherche, dit enfin Onas pour calmer sa femme. Puis chacun, au village, reprit ses activités. Niska, rongée par l’inquiétude, s’en alla au bord du lac. Elle marcha longtemps sur la berge, scrutant l’eau profonde, là-bas au milieu du lac, où chaque soir le huart lançait son chant-signal. Elle chercha en vain un indice qui lui révélerait la présence de son fils. « Était-il pensable qu’un manitou puisse tuer un jeune homme si beau, si plein de promesses ? se demandait-elle. Non, ce n’était pas possible : le huart ne pouvait être cruel à ce point. » Tout en marchant, Niska ramassa sur la grève un caillou blanc. Elle se mit à le tourner et à le retourner dans sa main comme pour combattre par ce geste son angoisse et son inquiétude. Puis elle frotta le caillou contre une pierre dure, tout en continuant d’épier le moindre mouvement autour du lac. Lorsque le soleil fut au zénith, Onas envoya un canot avec deux des meilleurs chasseurs de la tribu à la recherche de Napiwa. Tout le temps qu’ils furent partis, Niska continua de polir le caillou blanc, qui devint lisse et brillant. Machinalement, elle y perça un trou et l’enfila sur une lanière de cuir qu’elle glissa à son cou. Le soir arriva et les chasseurs revinrent au village sans Napiwa. Niska et les autres se dépêchèrent de rentrer avant la tombée de la nuit. Onas essaya de la raisonner. Mais elle ne voulait pas accepter la mort de son fils. - Demain, tu enverras encore un canot le chercher, pria Niska. Onas accepta malgré sa résignation, car lui aussi avait beaucoup de chagrin d’avoir perdu son fils. Pendant les cinq jours qui suivirent Onas envoya un canot, puis deux canots à la recherche de Napiwa. Ils partaient le midi et revenaient le soir sans rien rapporter. Niska, elle, marchait, marchait autour du lac sans jamais perdre espoir. Chaque jour, elle ramassait un caillou blanc sur la grève et le frottait contre une pierre pour s’occuper. Le soir elle le perçait d’un trou et l’enfilait sur sa lanière. Le sixième jour, bien avant le coucher du soleil, Niska entendit des voix venir du lac et le bruit des pagaies dans l’eau. Son cœur bondit dans sa poitrine. Elle se mit à courir. Toute la tribu descendit vers le lac pour accueillir les canots. Même le sorcier qui avait été forcé de retarder la cérémonie des morts vint voir ce qui se passait. On avait retrouvé Napiwa vivant ! Napiwa sortit du canot et marcha dans l’eau vers le rivage. Tous le regardaient avancer en silence. Niska s’élança vers lui pour l’embrasser. Puis on l’entoura et il se mit à raconter : - Le ciel était noir, noir, mais des milliers d’étoiles brillaient. Je ne me lassais pas de les regarder mais mon canot a chaviré. Je ne voyais rien, je ne sentais rien. J’ai essayé de nager mais d’étranges remous m’ont emporté. Mon canot a disparu. J’ai crié puis... je ne sais plus. Quand j’ai ouvert les yeux j’étais au sec dans un nid de branches et de feuilles. Le grand huart se tenait près de moi. Il m’a parlé tout doucement. Il m’a apporté du poisson à manger et de l’eau à boire. Petit à petit mes forces sont revenues. Le huart ne semblait pas offensé de ma bravade, au contraire. Je me sentais bien chez lui ; je ne pensais même pas à partir. Puis aujourd’hui, j’ai vu les canots et je me suis souvenu... Niska se leva et alla vers son fils. - Viens, dit-elle. Elle l’entraîna vers le rivage et lui fit signe de ne pas bouger. Sous les yeux de tous, Niska prit un canot et s’en alla toute seule vers le milieu du lac. Personne n’osait rien dire, pas même Onas, pas même le sorcier. Sur le visage de Napiwa, qui la suivait du regard, se dessinait un sourire. Niska fila sur l’eau et le chant modulé du huart retentit tout à coup. Tous les gens massés sur la grève frissonnèrent. Le huart lançait son signal et pourtant la nuit était encore loin ! Qu’est-ce que ça voulait dire ? Niska continua d’avancer. Sans même agiter la surface de l’eau, le huart apparut devant le canot. Niska s’arrêta de pagayer. Elle retira de son cou le collier de cailloux blancs qu’elle avait polis et repolis tout au long de sa douloureuse attente. Elle se pencha vers le huart qui se tenait immobile sur l’eau sombre. Puis elle lui glissa au cou le collier qu’elle avait façonné. Elle murmura : - Merci. On dit que c’est depuis ce jour que les huarts ont autour du cou un magnifique collier de plumes blanches La langue MohawkLes langues autochtones du Québec
Le mohawk est parlé encore aujourd'hui par trois importantes communautés québécoises — celles de Kahnawake, de Kanesatake et d'Akwesasne — ainsi que par quelques communautés établies en Ontario et dans l'État de New York. Le mohawk appartient à la famille iroquoienne. Les premiers Nord-Américains que les explorateurs européens aient rencontrés étaient fort probablement du groupe iroquoien, tels ces pêcheurs qui se trouvaient dans la baie de Gaspé lorsque Jacques Cartier et ses hommes y débarquèrent : des « Laurentiens » — selon l'appellation moderne — venus de la région où se situe aujourd'hui la ville de Québec. (Le nom « Canada » est d'origine iroquoienne; le mot kaná:ta', dont il est dérivé, subsiste d'ailleurs en mohawk moderne, et il signifie « colonie » ou « ville ».) Lorsque Champlain visita la région à son tour, en 1603, les Laurentiens avaient déjà disparu, sans laisser de trace. Certains peuples iroquoiens apparentés aux Laurentiens — les Mohawks, les Oneidas, les Onondagas, les Cayugas, les Sénécas, les Tuscaroras et les Cherokees — parlent encore la langue de leurs ancêtres; le huron — tout comme le wyandot, qui en est issu — était encore parlé au début de notre siècle.
Comparé aux langues européennes familières, le mohawk possède un petit côté exotique. Comme les langues indigènes au Québec, il est du type polysynthétique. Les langues de cette catégorie se caractérisent par la riche structure interne de leurs mots, cette particularité ayant un effet déterminant sur la façon dont les idées y sont exprimées.
Les sons du mohawk
Doté d'un système phonologique ramassé, le mohawk moderne s'écrit à l'aide de douze lettres : t, k, s, n, r, w, ', h, i, e, a et o (le ' représentant le coup de glotte), auxquelles s'ajoutent trois symboles — ´, ` et : — qui servent à indiquer l'accentuation et la durée des voyelles. Contrairement à la majorité des langues parlées dans le monde, le mohawk ne comporte aucune labiale, comme p ou b, sauf dans certains mots d'emprunt ou les sobriquets.
La majorité des lettres ont à peu près la même prononciation qu'en français, quoique le son de certaines puisse varier sous l'influence des sons voisins. Le mohawk a deux voyelles nasalisées, représentées par les séquences en et on.
Le mohawk est une langue tonale. Cela signifie que la hauteur d'une des syllabes d'un mot peut entraîner un changement de sens. En mohawk, chaque mot comporte une syllabe plus intense que les autres, cette syllabe étant prononcée sur un ton haut ou montant (indiqué par le symbole ´), ou descendant (indiqué par le symbole ` ) : owí:ra' « jeune (d'un animal) » et owì:ra' « cicatrice ».
Le deux-points indique la durée de la voyelle. La voyelle longue a deux fois la durée de la voyelle ordinaire. Le sens d'un mot peut varier suivant que l'une de ses voyelles est longue ou brève : iawékon « c'est délicieux » et iawé:kon « elle a mangé ».
Les différentes communautés mohawks se distinguent entre elles par leur prononciation de certains sons. Sans être importantes au point de gêner la compréhension, ces différences permettent de reconnaître l'origine du locuteur. Par exemple, là où les locuteurs qui sont originaires de Kahnawake et de Kanesatake utilisent le r, ceux de Akwesasne emploient le l: rató:rats (tel qu'il est prononcé à Kahnawake et à Kanesatake) et lató:lats (tel qu'il est prononcé à Akwesasne) « il chasse ». Autre exemple : partout où les locuteurs des régions de Kahnawake et Kanesatake utilisent ti (prononcé dj) devant une voyelle, ceux de Akwesasne emploient ki : cf. Kahnawake/Kanesatake tiohtià:ke, Akwesasne kiohkià:ke « Montréal ».
Le lexique mohawk
C'est sans doute par sa façon de former et d'utiliser les mots que le mohawk se distingue le plus des langues européennes les mieux connues. Le mohawk compte trois parties du discours : la particule, le nom et le verbe.
La particule
La particule est dépourvue de toute structure interne. Polyvalente, elle peut remplir la fonction de numéral, de démonstratif, d'expression adverbiale, de conjonction, d'interjection, etc. Voici quelques exemples des rôles que joue la particule :
non
Le nom
Le vrai nom, en mohawk, comprend presque toujours plusieurs éléments. Comme en français, le nom sert à nommer les personnes, les objets, etc. Il comporte normalement un préfixe marquant le genre de la personne ou de l'objet qu'il désigne.
Lorsque le nom désigne une ou plusieurs personnes, il renferme un préfixe marquant le nombre.
Le préfixe marque le possesseur de l'objet.
Les rapports qu'exprime, en français, le pronom possessif ne sont cependant pas tous représentés d'une seule façon en mohawk. Les préfixes que l'on retrouve dans les exemples précités expriment la possession dite « aliénable », c'est-à-dire celle des objets — tels les lits — qui s'acquièrent, se donnent, s'achètent, se vendent, etc. Le rapport entre l'être humain et les parties de son corps — possession dite « inaliénable » — s'exprime au moyen d'un groupe de pronoms différents.
Les liens de parenté s'expriment d'une troisième façon, à l'aide de mots qui ressemblent étroitement à des verbes: rakhsótha « il est le père à moi », mon père. L'éventail des suffixes apposables au nom, en mohawk, est fort varié. Bon nombre de ces suffixes correspondraient à des mots autonomes en français. Ainsi, il est possible d'accoler à un nom un élément qui lui ajoute le sens d'« originel » (« archétype » ou « authentique »). (Puisque la place de l'accent d'intensité se détermine en partie en comptant le nombre de syllabes que le mot contient — en commençant à la fin du mot —, l'adjonction d'un suffixe a normalement pour effet de déplacer cet accent, et parfois de changer le ton.)
Un suffixe commun, signifiant « à », « sur », « dans », etc., peut s'ajouter à un mot.
Un autre suffixe permet d'ajouter à un mot la notion de « à la manière de... ».
Un autre suffixe sert à former un dérivé qui désigne les habitants d'un endroit.
Le suffixe diminutif sert à marquer la petite taille ou l'affection.
Le suffixe augmentatif sert à désigner un type d'objet de grande taille.
Le suffixe décessif indique, dans le cas d'une personne, que celle-ci est décédée; dans le cas d'un objet, il indique que celui-ci n'existe plus ou n'appartient plus à la même personne.
Le nom, en mohawk, peut donc comprendre plusieurs éléments, dont chacun pourrait correspondre à un mot distinct dans une langue européenne. Si le nom est complexe, le verbe l'est davantage.
Le verbe La racine du verbe en constitue l'élément central, c'est-à-dire la partie porteuse du sème essentiel. En mohawk, la racine verbale est incapable d'autonomie, même dans la forme impérative. En fait, rares sont les locuteurs du mohawk qui sauraient reconnaître la racine d'un verbe s'ils l'entendaient prononcer sans préfixe ni suffixe. Quoique certaines racines verbales — comme -t- « être debout » ou -k- « manger » — soient très brèves, le verbe complet compte toujours au moins deux syllabes. Le commandement, qui constitue la forme verbale la plus simple, ne contient pas nécessairement de suffixes; cependant, comme tous les verbes, il renferme un préfixe pronominal.
Lorsque le commandement ordonne à une personne de faire quelque chose à une ou à plus d'une autre personne, le verbe indique à la fois l'agent et le patient.
Le temps Sauf lorsqu'il exprime un commandement, le verbe doit comporter une indication d'aspect. Le suffixe d'aspect indique la temporalité interne des événements ou des états. L'aspect habituel marque l'action habituelle, en cours ou répétitive. L'aspect ponctuel marque l'événement conçu dans sa totalité, et comportant un commencement et une fin. L'aspect statif marque l'état inhérent ou résultant.
Priéres amérondiennes
PRIÈRE CHEROKEE
¨ Si , comme le guerrier Cherokee , je considère l’année nouvelle comme une chance de me renouveler alors la Force et le Courage seront à mes côtés .
Je me souviendrai que les choses finissent par s’arranger , que les blessures guérissent et que les liens se ressoudent , Non parce que je l’ai dit , mais parce que je le crois . Mais le temps venu , de faire les choses correctement et de ne pas m’écarter du Chemin
Comme l’eau fraîche et libre qui coule de la source des bois , Une nouvelle vie et un nouveau sens jailliront de ma Source Intérieure .
Le Calme et la Paix m’envelopperont , Car je ne gagnerai rien à craindre ce monde chaotique .
Les neuf préceptes du Code de la Juste Relation
Tout passe, les heures, les nuages dans le ciel, la vie des hommes, emportés de la naissance vers la mort. Ne t'attache pas à la chronologie affective des choses. C'est une très mauvaise manière de voir le monde. Fais de chaque seconde une expérience enrichissante, sans t'inquiéter du temps qui fuit et des matins qui ne reviennent plus. Le présent est la seule chose qui n'ait pas de fin. Apprends à freiner ta course, à rassembler tes forces, à maîtriser ta confusion, à calmer ta dissipation. L'oiseau arrête son vol en un lieu pour faire son nid, et en un autre pour se reposer dans son parcours Ne te détourne pas de l'obstacle, n'essaie pas de fuir les difficultés. Lorsqu'il rencontre un rocher sur sa route, le fleuve ne remonte jamais en arrière. Il le contourne en glissant, joue avec lui comme le guérisseur qui murmure et enchante la blessure, ou bien il bondit dans une gerbe de lumière. Apprends à danser avec l'obstacle, si tu veux progresser Apprends les rites du pardon si tu veux vivre en harmonie avec tes frères. La cérémonie du pardon demande un renouvellement de chaque chose. Le premier jour est consacré à l'oubli du passé. Le second jour, lève-toi avant le lever du soleil et assiste à la naissance de la lumière comme à la naissance d'un monde nouveau. Unis-toi à cette lumière en éprouvant des pensées d'amour pour tes amis et tes ennemis. Il n'est pas nécessaire de consacrer une vie entière à se connaître soi-même. Deux jours suffisent pour changer ton regard et purifier ton coeur. L'important est d'être conscient de nous-même, de nos rapports avec les choses, les personnes, les idées. De ne pas être dupe du jeu, et d'approfondir nos relations et notre perception du monde. Derrière, seulement, commence le réel.
L'amitié n'est jamais tapageuse. Les démonstrations d'affection prouvent l'instabilité des sentiments, l'inquiétude, la peur de perdre ce que l'on aime.
Ne cède pas aux violences de l'imagination, qui font naître l'envie, le mépris, la colère. Sois en paix avec toi-même, et les autres s'accorderont à toi comme les notes d'une même musique.
Cultive la charité, la patience et l'effort si tu souhaites garder en toi la sagesse de l'âme.
Dans tous tes actes, prends conscience de l'instanDans tous tes actes, prends conscience de l'instant présent, oublie le poids du passé et la crainte de l'avenir. Évite les questions, les hésitations, les incertitudes. Si tu entends être heureux, sois présent à toi-même, en accord avec le monde qui t'entoure, dans une communion amoureuse et fervente de l'Instant, sans perdre ta lucidité. La solitude n'est pas un rempart qui isole du monde, La solitude n'est pas un rempart qui isole du monde, un remède facile contre la douleur, mais un acte d'amour lucide, qui engage l'être tout entier. Sans l'amour, la solitude n'est plus que terre aride privée d'eau et de lumière, où rien ne pousse. Enrichis ton propre silence intérieur par des pensées d'amour et un désir profond de connaissance
Sagesses AmérindiennesThank you Mike for this gift Le cœur de l’Amérindien
Si vous lui demandez : «Qu'est-ce que le silence?», il répondra :
O, Grand Esprit, aide moi à ne jamais juger un autre
Celui qui rêve ne dort pas, il regarde à l'intérieur de lui même
Illusoire est la distance entre les êtres. L'amour les rapproche et les fait vivre dans une même lumiere. Considere la division, l'absence, la séparation comme une mauvaise habitude, un aveuglement, une perte de lumière
Windtalkers, les fils du ventHommage aux indiens Navajos
LANGUE
La langue navajo est commune aux apaches. Ils parlent le Athabascan. Le navajo compte plus de locuteurs que n'importe quelle autre langue Amerindienne au nord de la frontière entre le Mexique et les États-Unis. On compte aujourd?hui plus de 100 000 personnes parlent cette langue et ce nombre ne cesse d'augmenter.
La langue navajo a été utilisée pendant la seconde guerre.
Histoire du code Navajos :
Philip Johnston ingénieur installé à Los Angeles connaissant l'extrême difficulté de la langue Navajo, eut l'idée que cette langue ou un autre langue indienne, pourrait être utilisée comme code pratiquement incompréhensible.
Si chaque bataillon était doté un Amérindiens comme opérateurs radio, la sécurité des communications serait garantie. Il parla de cette idée en 1942 au lieutenant-colonel James E. Jones, officier des transmissions à camp Elliott, jute à côté de San Diego. Philip Johnston avait préparé quelque phrase en Navajo, cela suffit à persuader l?officier médusé que lidée méritait tout considération. Après une évaluation plus poussée, le rapport officiel fut le suivant :
Le codage en langue Navajo avait pourtant un défaut très important. Cette langue n?offrait pas d'équivalent au langage militaire moderne. Afin d'éviter les ambiguïtés, le marines décidèrent d'établir un lexique de mots Navajo pour remplacer les termes anglais autrement impossibles à traduire.
Les premiers stagiaires Navajos aidèrent à rédiger le lexique, ils incitèrent à choisir des mots propres au milieu naturel pour exprimer les termes spécifiquement militaires.
Ainsi des noms d'oiseaux remplaçaient les types d'avion, les poissons étaient substitués aux bateaux. Ils restaient encore le problème de la traduction de mot imprévu et de nom de personne ou de lieu. Ils décidèrent en communs de créer un alphabet pour épeler les mots difficiles.
Le fait que ce code est été un déchiffrable est qu'il n'avait aucun lien avec une quelconque langue européennes ou asiatique. Un verbe par exemple n'est pas conjugué seulement en accord avec son sujet, mais aussi avec son complément d'objet.
La terminaison du verbe dépend de la catégorie à laquelle appartient son complément d'objet : long (une pipe, un crayon), souple et flexible (à serpent, une dernière), granuleux (le sucre, le sel).
On incorpore aussi les adverbes dans le verbe, et on prend en compte si la personne qui parle a expérimenté elle-même ce qu'elle dit ou si elle ne l'a appris que par ouï-dire. Finalement, un simple verbe peut valoir toute une phrase, ce qui rend impossible, pour des étrangers, d'en saisir la signification.
En tout, 420 Navajos étaient employés au code. Bien que leur bravoure au combat fût reconnue, leur rôle particulier pour la sécurité des communications était un secret militaire. Ce n'est qu'en 1968 que le code navajo fut libéré du secret et, l'année suivante, les radios codeurs se retrouvèrent pour la première fois.
Puis, en 1982, le gouvernement américain institua en leur honneur, à la date du 14 août, la journée nationale des radios codeurs navajos. Le plus grand hommage qu'on puisse leur rendre est de rappeler que c'est l'un des rares codes de l'histoire à n'avoir jamais été brisé.
On les appelais"Windtalkers", les fils du vent
La terre pour visageLa terre pour visage - CHEF DAN GEORGE -
Bien des saisons ont fui depuis ce temps où j'avais des bras puissants, des jambes agiles; mon dos était droit alors et mes yeux valaient ceux de l'aigle. En regardant mon visage, les gens ne voyaient rien d'autre que le visage d'un Indien sans nom. Peu d'hommes m'appelaient frère. Mon visage ne leur inspirait pas l'envie de me connaitre, car c'était le visage d'un Indien. Pourtant à cette époque, mon visage était connu. Connu de l'écureuil, qui sursautait au craquement d'une brindille, sous mon pas, lorsque je marchais dans les bois. Du porc-épic, posté au faîte de l'arbre, qui me voyait passer tout en bas. Du grand corbeau qui annonçait en coassant ma venue aux autres animaux. Du renard, qui venait chaparder dans ma cache à nourriture et du castor, qui me regardait installer mes piéges. Connu de l'ours dont la tanière était cachée au milieu de la forêt où se dressait ma cabane. Du héron qui ma enseigné la patience lorsque j'était en quête de nourriture. De la fauvette dont le chant remplissait mon coeur de joie. Du vent qui m'apportait les messages d'autres plantes et d'autres animaux. De la pluie qui alimentait le ruisseau où je venais me désaltérer, jour aprés jour. Des lacs,dont les eaux se confondaient avec le ciel, symbole de liberté pour toutes les créatures.....
Méditation
Les Indiens d'Amérique en général, et les Creeks en particulier, ne considèrent pas la mort comme la fin de la vie mais bien comme le berceau d'où surgissait une nouvelle naissance. Le noir manifeste toutes les couleurs à la fois et les corbeaux incarnent la présence de l'esprit de mort en toutes créatures. Avoir la vision du noir - de la plume de la mort -, c'est voir en songe le passage d'un ennemi de cette vie-ci dans une autre vie. Au corbeau est associée la couleur de la nuit car celle-ci suspend la vie en attendant que perce l'aurore. Corbeaux et corneilles sont intégrés à la cosmologie amérindienne car ce sont tous deux des purificateurs de "l'image négative" de la mort : ils mangent les charognes. Les Creeks avaient recours à un vomitif de couleur noire connu pour ses vertus purificatrices à l'instar de celle de la plume de corbeau. Le bleu est la couleur du ciel et des eaux qui nourrissent et fécondent la terre - eaux des lacs, des rivières et des pluies. Il témoigne de la présence du pôle féminin, de l'essence de la féminité qui donne la vie, du yin. A l'eau bleue on associe le rituel de l'éveil, de l'homme re-né : le bain dans l'eau bleue est le bain du baptême. Si les Creeks savaient qu'une plume noire sur la tête d'un ennemi l'endormait et le tuait symboliquement, ils n'ignoraient pas qu'une plume bleue ferait revivre l'esprit de celui que la couleur noire avait ensorcelé. Le geai bleu, cousin du corbeau au royaume des ombres, possède quant à lui une autre facette : plein de vie, il porte sur les nerfs de qui ne vit pas pleinement....
COMMENT LE CORBEAU EST DEVENU NOIR - Il y a très, très longtemps, quand la terre et ses habitants étaient encore jeunes, les corbeaux étaient tous blancs comme neige. En ce temps-là, les hommes n'avaient ni chevaux, ni fusils, ni armes en métal. Mais ils dépendaient pourtant de la chasse au bison pour manger et survivre.
Il était difficile, aléatoire et dangereux de chasser le bison à pied, avec des armes à pointe de pierre.
Les corbeaux rendaient les choses encore plus difficile aux chasseurs, car ils étaient les amis des bisons. Ils montaient très haut dans le ciel, au-dessus de la prairie, d'où ils pouvaient voir tout ce qui se passait.
A chaque fois qu'un chasseur s'approchait d'un troupeau, les corbeaux volaient jusqu'à leurs amis et se perchant entre leurs deux cornes, ils les mettaient en garde
« Croa, croa, croa, chers cousins, voici venir des chasseurs. Ils sont en train de ramper dans le ravin qui est là-bas. Ils sont derrière cette colline. Attention ! Croa, croa, croa! ».
En les entendant, les bisons s'enfuyaient au galop, et alors, les gens mouraient de faim
Les indiens se réunirent donc en conseil pour décider quoi faire. Parmi les corbeaux, il en était un énorme, deux fois plus gros que tous les autres, qui était leur chef.
Pendant le conseil, le vieux sage se leva et suggéra ceci :
« il nous faut prendre le grand corbeau blanc et lui donner une bonne leçon. Nous n'avons que cette solution, ou bien nous allons continuer à avoir faim ».
Il prit une grande peau de bison, entière, avec la tête et les cornes, et il la posa sur les épaules d'un jeune brave, en disant :
« mon neveu, glisse-toi parmi les bisons. Ils te prendront pour l'un des leurs, et ainsi tu pourras capturer le grand corbeau blanc ».
Ainsi déguisé en bison, le jeune indien se faufila au milieu du troupeau et fit semblant de brouter.
Les grands animaux hirsutes ne lui prêtèrent pas la moindre attention....
L'indien et le poupKwei Kwei (bienvenue)
La complicité qui unit le loup et l'Indien leur a valu de subir des traitements semblables de la part des occidentaux. Leurs liens fraternels en ont fait avant tout des frères de douleur.
Plus longtemps que nous, les Indiens ont gardé un mode de vie semblable à celui du loup, c’est-à-dire en clans nomades vivant de chasse, de pêche et de cueillette. A vrai dire, c'est pour l'éternité que les Indiens ont juré fidélité à un système proche de la nature. En plus d'être durable pour eux-mêmes, celui-ci respecte aussi bien la Terre et ses ressources que chacun des êtres vivants et assure à la nature toute entière une survie saine et complète. L'Indien remplit humblement le rôle qui est le sien, celui de grand prédateur, au même titre que le loup, son frère. C'est pourquoi le loup est toujours resté un ami et un « maître des chasses » aussi respecté que la nature qu’il chérit. Mais cette belle complicité et son équilibre de vie ont été brisés ensemble au cours de la colonisation. Aujourd'hui encore, c'est dans cette douleur que le loup et l'Indien sont le plus souvent réunis
Le loup, père du savoir indien Chez de nombreux Indiens, notamment parmi les populations de la côte pacifique nord-ouest du Canada, le rituel du loup est l’initiation qu’empruntent les enfants pour devenir hommes. Le « klukwana », la danse du loup, est un rituel qui ouvre la saison sacrée de l’hiver où les hommes entrent en communication avec les esprits. C’est durant cette période que les enfants et les novices recevaient le savoir des ancêtres sous forme d’"histoires sacrées" - le mot « mythe » a une connotation péjorative dans nos cultures de la rationalité. Ils apprendront tout ce que le loup a transmis aux fondateurs de leur tribu à travers la force et le courage, ou les pas et les chants que les danseurs, masqués à l’image de l’animal, exécutent en son honneur.
Mais, plus généralement, toutes les tribus indiennes ont un grand respect du loup avec qui elles partagent un mode de vie respectueux des équilibres naturels et un rôle primordial dans cet équilibre. Le loup inspire l'homme par son mode de vie et ses techniques de chasse. La solidarité d'un clan n'est pas différente de la fraternité d'une tribu. Le rôle de grand prédateur nécessite un grand savoir. Les Indiens ont su écouter, observer et prendre exemple.
L'Indien, cest l'homme : l'égal du loup
Chez les Indiens Pawnee, l’identification est particulièrement forte. Dans leur langage, les mots « loup » et « homme », sont identiques, c’est-à-dire « pawnee ». Mais partout, l’Indien se lie à l’animal qu’il respecte et prend en exemple. Il est le modèle du chasseur dont ils revêtaient la peau pour réussir l’approche du gibier, le modèle du guerrier, dont la force et l’ardeur au combat sont sans égales. Mais le loup est aussi une référence d’un point de vue social, dans les rapports au sein du clan ou vis-à-vis de l’éducation des petits. De ces rapports transparaît humanité que seules les représentations idéalisées de l’homme sont en mesure de nous faire entrevoir.
Bien plus qu'une "vénération", c'est un profond respect qui habite l'Indien à l'égard du loup. L'inverse est probablement vrai également. Plusieurs tribus ont, en effet, uni "le loup et l'Indien", d'égal à égal. Mais toutes partagent cette vision car l'un et l'autre envisagent chaque créature de l'univers comme partie d'un tout.
De même, l'homme occidental (son ancêtre) a, lui aussi, vénéré le loup en son temps, avant qu'il ne renonce à son mode de vie. Ses rapports avec le loup ont changé du tout au tout lorsqu'il cessa de chasser pour élever du bétail. Les liens qui l'unissaient auparavant au loup étaient très semblables à ceux qui ont toujours uni le loup et l'Indien. C'était bien avant que certains ne parlent d'une "priorité à l'Homme
Le loup et l'indien: frères de douleur
Un élément majeur rapproche encore l’Indien et le loup : la colonisation. Leurs destinées ont forcément été liées par les colons dans leur conquête de territoire. Les Indiens doivent être expulsés car ils n’ont pas su exploiter la terre, comme la Bible le commande. Le loup, on le sait, a déjà été déclaré nuisible dans cette perspective. Ici, bien plus qu'une espèce, c'est un mode de vie commun au loup et à l'Indien que l'on entendait détruire. Au nom de quoi ? D'un dieu, dit-on, mais aussi d'une prétendue incompatibilité entre deux modes de vie
De plus, malheureusement pour lui, le loup est assimilé à l’ennemi, l'Indien, avec qui il entretient de bons rapports. En contrepartie, en tant que symbole du mal, il n’a pas joué, non plus, en faveur de l’Indien. C’est donc un double génocide qui peut commencer au nom de l’Eglise, par un peuple élu et, de surcroît, sur la Terre Promise. Dans le prolongement de cette mission divine, bientôt, il aura le Monde entre les mains.
Le combat sera encore long avant que loup et Indien retrouvent une place sur leurs terres d'origine. Bienvenue à Kanehsatà:Shé:kon( bienvenu)
Shé:kon,
Kanehsatà:ke est une communauté Kanien’kéha (mohawk) située soixante kilomètres au Nord-Ouest de Montréal.
Historiquement, le peuple Kanien`kehà:ka et autres nations iroquoises ont été reconnus pour leur expertise de l’agriculture. À l’époque des premiers contacts européens, ce sont les récoltes iroquoises qui ont aidé les nouveaux arrivants à survivre dans ce climat et ce territoire ardus.
La signification a également eu différentes interprétations mais une majorité est d’accord avec le concept ou la description (avant que les pins soient plantés) que par un beau jour de soleil sur la rivière Ottawa, le sable dansa avec brillance en provenance du soleil; ou lorsque vu de la rivière Ottawa, les dunes de sables avaient l’air de neige gelée ou de neige en croûte. De là, «au pied du sable croustillant». C’est pourquoi le nom de notre communauté Kanesatà:ke veut dire au pied de la colline de sable
Le nom de notre nation est Kanien’kehà:ka, ce qui veut dire «les gens de la nation du silex.». Plus tard, on nous a appelé les Mohawks. Nous préférons toutefois être appelés par notre nom propre, Kanien’kehà:ka.
Famille linguistique
Pays Région Nbre de mots
510
nbr d'expressions
246
Mohawks de la vallée du Saint-LaurentMohawks de la vallée du Saint-Laurent
À partir de la fin des années 1660, quelques centaines d'Iroquois, principalement de la nation mohawk, s'installent dans la région de Montréal. La plupart d'entre eux sont convertis au catholicisme ou sont en voie de l'être. Cette migration est encouragée par les autorités françaises, qui espèrent ainsi limiter les risques d'attaques iroquoises contre la colonie laurentienne. Trois communautés mohawks naîtront de cette migration: Kahnawake, Kanesatake et Akwesasne. Avant la conquête de la Nouvelle-France (1760), les Mohawks de la vallée du Saint-Laurent sont considérés comme de précieux alliés militaires des Français, ce qui ne les empêche toutefois pas d'entretenir des rapports réguliers avec la ligue des Cinq-Nations iroquoises et avec les Anglais de la colonie de New York.
Kahnawake, qui accueille le grand feu des Sept-Nations du Canada, est alors un centre important de la diplomatie amérindienne. Il conserve ce rôle pendant quelques décennies après la conquête de la Nouvelle-France, alors que les Mohawks s'allient aux Britanniques. En 1840, la population iroquoise de la vallée du Saint-Laurent s'éleve à environ 2400 personnes, le village de Kahnawake étant le plus populeux, avec près de 1500 personnes. C'est au milieu du XVIIIe siècle que l'allure des villages iroquois de la vallée du Saint-Laurent commença à changer, les maisons longues traditionnelles cédant la place à des habitations semblables à celles des Canadiens. La culture du maïs demeure toutefois une activité de subsistance importante et, encore au milieu du XIXe siècle, elle est surtout l'affaire des femmes. Chaque année, les hommes consacrent plusieurs semaines à la chasse, qu'ils pratiquent surtout au sud du Saint-Laurent. Au XIXe siècle, ces activités deviennent toutefois de plus en plus difficiles, en raison de la progression rapide de la colonisation au sud du Saint-Laurent. À la même époque, plusieurs Mohawks s'engagent sur différents chantiers de construction, où leurs talents pour les travaux en hauteur leur valent très vite une grande renommée. Les Mohawks vivent aujourd'hui dans un environnement urbain et semi-urbain. Avec plus de 130 000 personnes, ils forment la nation amérindienne la plus populeuse du Québec.
La piste des larmes1838 - La piste des larmes
Sur la piste des larmes , en 1838, une colonne de Cherokees accablés fait route vers l’Ouest, gardée par des soldats des Etats-Unis, en tuniques bleues. La déportation se fit pendant 1750 km, la marche fut tenue jusqu’à épuisement : sur 15000 indiens, 4000 moururent sur le bord du chemin. La marche vers l’Ouest fut marquée de nombreuses souffrances ; cependant les survivants réussirent à refaire leur vie sur le nouveau territoire en Caroline du Nord. Chassés de leurs territoires montagnards par le gouvernement fédéral , les Cherokees et les principales tribus du Sud- Est furent contraints d’émigrer vers une région faiblement peuplée du territoire indien, l’Oklahoma actuel. Pendant des années, les Cherokees combattirent devant les tribunaux fédéraux la politique de déplacement des Indiens, mais en vain. Depuis longtemps déjà ceux qu’on appelai les "cinq nations civilisées" avaient quitté le sentier de la guerre et vivaient pacifiquements. Ces cinq nations étaient : Ces cinq nations formaient entre elles une Confédération d’Etats sans liens étroits. Et avaient toutes déjà céder une grandes parties de leurs terres ancestrales aux blancs. Les membres de ces cinq nations étaient pour la plupart des agriculteurs et des artisans, il vivaient dans une certaine aisance et faisaient pleinement confiance au gouvernement des Etats Unis qui avait conclu avec eux des traites destinés à leur assurer la paix et la protection pour l’avenir. Intelligents et adroits, ils s’étaient bien adapter aux blancs, portant les mêmes vêtements qu’eux, utilisant les mêmes outils et construisant le même type de maisons. L’un d’entre eux, du nom de Sequoya, fils d’une indienne Cherokee et d’un blanc, inventa même un alphabet cherokee, qui permit à de nombreux membres de sa nations d’apprendre à lire et à écrire, on traduisit grâce à cet alphabet de nombreux livres en cherokee, ainsi en 1832, les Tsalagi auraient possédé plus de livres que n’en comptait la bibliothèque nationale de Philadelphie. Et, ce n’est que parce que seul la couleur de leurs peaux les différenciaient encore des blancs qu’on leur avait donné le nom de "cinq nations civilisées". Autre chose les différenciés cependant des blancs, ces cinq nations étaient fondamentalement opposées à l’esclavage, et chaque fois qu’un esclave noir en fuite réussissait à rejoindre un de leur village, ils lui offraient un refuge sur. Ni l’appât des fortes primes, ni les menaces ne les décidés à livrer leurs protégés. Ces dans ces conditions que le général Andrew Jackson fût élu en 1829 à la présidence des Etats Unis. Dans son message d’introduction au Congrès, le président Jackson recommenda de prendre les terres des "cinq nations civilisées" dans les états du Sud-Kentucky, de Géorgie, d’Alabama et de Floride et de leur donner en échange des terres à l’ouest du Mississippi. Le congrès, en accord avec cette recommandation du président, vota le 28 mai 1830 "l’Indian Removal Act" qui décida de la déportation de ces cinq nations. Cette loi correspondait à un arrêt de mort pour tout ces peuples. Pour pouvoir rendre cette loi légale vis à vis des traités que le gouvernement avait conclu avec les indiens, on accusa les différentes nations de vols répétés et prémédités des biens des planteurs blancs. Ces vols concernaient les nombreux esclaves noirs qui avaient trouvé refuges auprès des Indiens et que ceux ci refusaient de livrer aux blancs. De 1835 a 1837, les blancs menèrent une véritable guerre d’extermination, tout d’abord contre les Creeks en Alabama et contre les Séminoles en Floride. Puis le gouvernement décida purement et simplement de déporter les membres des cinq nations civilisées vers ce qu’on allai appelé les terres indiennes. Les Tsalagi (Cherokee) furent les premières victimes de cette déportation. Le gouvernement envoya le général Winfried Scott à la tête de sept mille soldats dans le Sud-Est. Les Cherokee, pris par surprise, ne furent pas en mesure de résister longtemps. Après une brèves lutte, on regroupa les survivants dans un camp de concentration en attendant de les déporter vers l’Ouest. En 1838, sous escorte de l’armée, le reste des Tsalagi prend le chemin des déserts de l’Oklahoma, plus de quatre mille hommes, femmes et enfants succomberont durant le voyage, ce fut la "PISTE DES LARMES". Le sort des quatres autres nations de tardât pas à rejoindre celui des Cherokee, seul une toute petite partie des Séminole réussi à échapper à la déportation en s’enfonçant dans les régions marécageuses et inaccessibles des Everglades, jusqu’à ce jour, ils n’ont signé aucun traité de paix avec les blancs.
12月26日 L'Indienne solitaire![]()
L'indienne solitaire
Citation![]() Le bonheur ne se trouve pas avec beaucoup d'effort et de volonté, mais réside là, tout près, dans la détente et l'abandon. Ne t'inquiète pas, il n'y a rien à faire. Tout ce qui s'élève dans l'esprit n'a aucune importance parce qu'il n'a aucune réalité. Ne t'y attache pas. Ne te juge pas. Laisse le jeu se faire tout seul, s'élever et retomber, sans rien changer,et tout s'évanouit et commence à nouveau sans cesse. Seule cette recherche du bonheur nous empêche de le voir. C'est comme un arc-en-ciel qu'on poursuit sans jamais le rattraper. Parce qu'il n'existe pas, qu'il a toujours été là et t'accompagne à chaque instant. Ne crois pas à la réalité des expériences bonnes ou mauvaises, elles sont comme des arcs-en-ciel. A vouloir saisir l'insaisissable, on s'épuise en vain. Dès lors qu'on relâche cette saisie, l'espace est là, ouvert, hospitalier et confortable. Alors, profites-en. Tout est à toi, déjà. Ne cherche plus. Ne va pas chercher dans la jungle inextricable l'éléphant qui est tranquillement à la maison. Rien à faire. Rien à forcer. Rien à vouloir. Et tout s'accomplit spontanément... - Lama Guendune Rinpotché - Qui est le sauvage
6月15日 Soutien à Léonard PeltierLéonard Peltier En 1975, Leonard Peltier, activiste d'origine Lakota-Chippewa, fut accusé de meurtre de deux agent du FBI. A l'issue d'un procès qui fit l'objet de manipulations de témoins, de falsifications de pièces à conviction, de dissimulation d'éléments du dossier d'instruction, Peltier fut condamné à la prison à vie, deux fois. A ce jour, tous ses recours juridiques ayant été épuisés et sa grâce rejetée par l'ex-président Clinton, ses avocats n'ont pourtant toujours pas accès aux archives du FBI relatives à l'enquête Personnalités, institutions, associations soutenant le mouvement de Libération pour Léonard Peltier
Nelson Mandela
Arrestation de Léonard Peltier
Au début des années 70, le gouvernement américain entreprend de destabiliser et neutraliser l'Américan Indian Movement (AIM)
5月25日 Droits des femmes amérindiennesL E S D R O I T S D E S A M É R I N D I E N N E S (1968)
La Commission Bird (Archives de Radio-Canada.ca) a été l'occasion pour les Amérindiennes de rendre publiques les discriminations profondes dont elles sont victimes sous la Loi sur les Indiens qui régit les Premières Nations depuis 1869. Cette loi contient en effet un article qui pénalise les Amérindiennes qui épousent des non-Indiens : celles-ci perdent leur statut d'Indien, de même que leurs enfants, alors que l'inverse n'est pas vrai, car la conjointe blanche est intégrée à la réserve et les enfants bénéficient des droits et privilèges de leur père indien. Les femmes autochtones sont exclues de leur communauté et dépossédées de leurs biens. Cette loi leur est apparue comme un instrument de la politique d'assimilation du gouvernement fédéral. Les responsables des Premières Nations s'opposent à toute modification de la Loi sur les Indiens, qui pourrait être interprétée comme une brèche autorisant la réduction des "avantages" consentis aux populations autochtones. Les femmes sont donc discriminées par la loi et par les hommes de leurs nations respectives. En dépit de nombreuses modifications mineures, le statut des femmes autochtones est demeuré inchangé depuis un siècle. Les femmes mohawk de la réserve de Caughnawaka (aujourd'hui Kahnawake) présentent le tout premier mémoire qui aborde publiquement cette question. L'initiatrice de cette lutte, Mary Two-Axe Early, avait toutefois présenté ses doléances dès 1956, devant un Comité des Affaires indiennes.
Le monde occidental est responsable de nombreux changements sociaux survenus dans les nations sous-développées. Les plus frappants étant probablement ceux qui ont trait à la situation des femmes au sein des nations où prévalaient auparavant d'anciennes coutumes discriminatoires à l'égard de la population féminine. Au cours des dernières décennies, les femmes blanches de notre hémisphère ont obtenu des droits égaux à ceux des hommes dans divers domaines : héritage, droit de vote égal, égalité d'accès à l'emploi, avantages égaux en éducation et autres droits inaliénables. En tant que femmes indiennes d'Amérique du Nord résidant dans le même hémisphère, nous demandons que ces droits soient partagés avec nous. Les injustices et atrocités liées au traitement des femmes indiennes mariées à des non-Indiens incluses dans la Loi sur les Indiens sont si nombreuses qu'il nous apparaît difficile de toutes les énumérer et de bien les expliquer. Seules celles qui revêtent une importance majeure seront donc abordées dans notre mémoire.
Mary Two-Axe Early [Source : Fonds des mémoires soumis à la Commission royale d'enquête sur la situation de la femme au Canada (Archives de Radio-Canada.ca), Archives publiques du Canada, notre traduction.] REPÈRES :
5月22日 Chants et priéres
Pieds nus sur la terre sacrée |
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